Tous les billets de La lorgnette sur Coups de gueule

Agression, mode d’emploi

Travaillant dans un organisme au service du public je constate que la relation avec la clientèle est de plus en plus difficile. Un entretien peut rapidement dégénérer et la violence est de plus en plus fréquente.

J’en ai fait une nouvelle fois la triste expérience pas plus tard qu’hier après midi. Un client se présente à l’accueil et dès son arrivée en salle d’attente manifeste (bruyamment) son énervement. L’agent d’accueil le fait entrer dans le bureau et aussitôt il se fait agresser verbalement. Je vous épargne tous les noms d’oiseau dont il affuble la malheureuse, allant même jusqu’à lui prêter une activité annexe dans le plus vieux métier du monde si vous voyez ce que je veux dire.

Très rapidement le ton monte en décibels mais c’est aussi l’escalade dans les propos. Après les injures, les insultes viennent les menaces de s’en prendre au matériel mais aussi à la personne. Sentant la situation lui échapper et dans un sursaut de prudence, l’agent m’appelle à la rescousse en ma qualité de responsable d’agence. Nous affrontons donc ensemble une nouvelle salve de propos déplacés et de menaces. Garder son calme, ne pas montrer sa peur, tenter de raisonner l’agresseur… et appeler en désespoir de cause les forces de police qui n’arriveront que trois quart d’heure plus tard, trop tard !

Une fois le client parti en claquant la porte, la tension retombe et c’est laminé que l’on sort du bureau. Quelle heure est-il ? Combien de temps s’est écoulé ? On n’en sait rien car pendant l’affrontement le temps est suspendu. Il faut maintenant débriefer, rassurer l’agent d’accueil et le personnel, répondre aux questions de la police qui arrive enfin.

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Problème de livraison

Je suis une spécialiste des commandes par Internet et notamment sur les sites de ventes privées. Je dois à l’honnêteté de dire que je suis dans l’ensemble très satisfaite de ces sites sur lesquels j’ai pris mes habitudes.

Jusqu’à présent je n’avais eu qu’à me louer des commandes passées sur Bazarchic, un site de ventes privées que je consulte très régulièrement pour traquer les bonnes affaires. Aurais-je eu moins de flair en ce 28 avril 2011 où j’ai passé commande d’un abonnement à la revue Muteen ? Il faut croire puisque j’attends encore en ce début septembre le premier des dix numéros expédiés par Viapresse et  que j’étais censée recevoir à mon domicile.

N’ayant pas d’autre interlocuteur que Bazarchic, vous pouvez bien imaginer que je les ai relancés à plusieurs reprises. Après une réponse m’incitant à prendre patience, que ma commande avait bien été prise en compte, j’ai effectivement écouté ce judicieux conseil. Puis comme soeur Anne, ne voyant rien venir, j’ai envoyé message sur message à Bazarchic en n’obtenant que des réponses évasives, voire pas de réponse du tout.

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Les Tuche ou la France d’en bas

Chaque fois que je vais au cinéma je mets un point d’honneur à arriver à l’heure et du coup à chaque séance je profite non seulement de la publicité sur la carte de fidélité des cinémas Gaumont, mais aussi des bandes annonces des prochains films.

Il en est qui me donnent envie de voir le film et d’autres forcément qui provoquent chez moi un rejet. En voyant la bande annonce du film Les Tuche j’ai résolument décidé de ne pas le voir, la bande annonce ayant suffi à me forger une opinion défavorable. J’ai trouvé le sujet d’une insondable banalité et la vision de cette famille aussi pauvre financièrement qu’intellectuellement affligeante.

La famille Tuche, d’un niveau social plus que modeste, qui subitement, par la magie du loto, se retrouve riche et propulsée dans un monde où elle détonne n’a pas été sans me rappeler l’opposition méprisante de certains politiques entre la France d’en bas, comme ils la nomment, et la France d’en haut. Ne cherchez pas la différence entre ces deux « France » là, elle ne réside que dans le montant de leurs revenus.

Venant, et sans en être fière je n’en rougis pas non plus, d’une famille d’ouvriers, je m’insurge devant le scénario qui tend à démontrer que les pauvres gens manquent d’éducation et se conduisent en véritables beaufs. Il suffit pourtant de regarder autour de soi pour se rendre compte que la politesse, le savoir-vivre, l’intelligence de coeur et d’esprit ne vont pas nécessairement de pair avec la fortune.

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Restons modestes.

Vous pourriez croire que je veux donner une suite à mon billet sur Michel Ganiant, milliardaire et maître du monde et vous vous tromperiez. Simplement j’ai encore eu très récemment la preuve que ceux qui se la pètent, comme on dit, m’insupportent au plus haut point.

J’ai en horreur ces gens imbus de leur personne, qui se croient supérieurs aux autres. Je n’aime pas ceux qui manquent de naturel et chez qui chaque attitude est calculée. Je fuis comme la peste ceux qui se mettent toujours en avant et veulent sans cesse être le centre de toutes les attentions.

Je redoute de me trouver en présence de ceux (ou celles) chez qui tout est le fruit d’un calcul, qui ont besoin de faire étalage de leur argent, de leur science, de leurs relations… mais rarement de leur intelligence et de leur savoir-vivre. Les dons doivent venir du coeur, sans arrière pensée et les plus gâtés par la nature ou dame fortune doivent se mettre à la portée des plus démunis.

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Disparition d’enfants

L’enlèvement des deux petites jumelles Livia et Alessia par leur père il y a plus de quinze jours fait la une des journaux. Les rumeurs les plus folles courent à leur sujet et j’écoute  les informations en espérant qu’enfin on les retrouve.

Ce type d’affaire est malheureusement de plus en plus courant et les enfants sont les otages de leurs parents séparés. Il n’y a effectivement rien de plus cruel que de priver un père ou une mère de ses enfants. J’imagine l’angoisse, l’attente interminable entre espoir et désespoir de la maman de Livia et Alessia.

Quelle torture morale pour elle à la lecture du billet de son ex époux lui annonçant que les fillettes reposaient en paix et qu’elles n’avaient pas souffert. Et puis l’enquête progresse, annonce de nouveaux éléments, des témoins… alors l’espoir renaît. L’itinéraire emprunté par le père, certainement lui aussi désespéré pour en arriver à de telles extrémités, est incompréhensible. Pourquoi se rendre en Corse en compagnie des deux fillettes pour ensuite aller en Italie pour mettre fin à ses jours ? Tout cela est irrationnel mais le comportement d’une personne aux pulsions suicidaires peut-il l’être ?

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Bras de fer, qui gagnera ?

Un bras de fer est engagé entre le gouvernement et les opposants à la réforme des retraites. Qui en sortira vainqueur ? Une grande incertitude plane sur le pays.

Les uns avancent que la pénurie d’essence n’est pas pour demain, les autres que les pompes sont à sec. Dans ce match là je pencherais plutôt en faveur des seconds car j’entends régulièrement parler autour de moi des difficultés à s’approvisionner rendant difficile voire impossible le déplacement domicile travail. A la veille des vacances de la Toussaint, fête sacrée s’il en est, les rancoeurs pourraient changer de camp.

Les syndicats voient un nombre de manifestants jusqu’à dix fois plus important que les gens qui nous gouvernent. Lesquels ont un problème de vue ? Sans doute un peu les deux et en coupant la poire par moitié on s’approche peut-être de la vérité.

Quand les ministres annoncent que le mouvement s’essouffle, ceux qui revendiquent prévoient une amplification des blocages. Aie, aie, aie, c’est la pagaille.

Un jour on nous dit que les lycéens sont responsables de leurs actes, qu’ils savent ce qu’ils font et de quoi ils parlent et le lendemain on déclare qu’il ne faut pas user de la violence sur des enfants. Adultes ? Enfants ? Mais où se situent les ados ? Ne sont ils pas en danger dans les défilés entre les assauts au flash ball et les jets de pierre des casseurs ?

Le président, le 1er ministre déclarent qu’ils seront inflexibles, Bernard Thibault pour la CGT et François Chérèque pour la CFDT qu’ils finiront par plier. Lesquels seront les plus souples sur ce difficile exercice ?

A la maison c’est retraite le matin, retraite le soir ! La conversation reste centrée sur le sujet et de toute façon on ne parle que de ça à la télévision. Les journaux télévisés  nous abreuvent d’informations contradictoires et le suspens reste entier sur la suite des évènements.

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Publicité mensongère

Produits ménagers

A en croire certaines publicités pour des nettoyants ménagers, le ménage est une vraie partie de plaisir. Vous avez toutes vu comme moi ces pubs où une jeune femme coquette et souriante nettoie en deux pschitts une gazinière ou sa faïence recouverte d’une couche de graisse datant de Mathusalem.

Le produit est tellement performant qu’il suffit semble t’il de caresser l’objet du délit avec une éponge pour que la crasse s’évapore comme par magie. Je me demande d’ailleurs pourquoi la jolie demoiselle a attendu d’en arriver là pour dégainer son produit miracle. Moi j’entretiens mon intérieur au quotidien et pourtant je dois frotter comme une malade pour nettoyer les projections toutes récentes sur ma plaque de cuisson.

Je ne parle pas du fameux plat en pyrex où le rôti a laissé son empreinte et qu’une goutte de produit à vaisselle suffit à dissoudre, enfin à la télé. J’ai eu beau essayer le Cillitt bang, le super Mr Propre qui rend tout si propre que l’on peut se voir dedans, je dois user d’huile de coude pour faire reluire ma cuisine.

C’est un peu comme les lessives que nous contait si bien le regretté Coluche, Persil qui lave plus blanc que blanc. Blanc on sait ce que sait comme couleur, moins blanc que blanc c’est gris clair, mais plus blanc que blanc c’est quoi comme couleur ?

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Où est passée l’orthographe ?

Il y en a qui ont perdu leur latin mais qui s’en soucie vraiment aujourd’hui. Cette langue n’a plus cours et ne sert qu’aux érudits pour étudier l’étymologie des mots. Mais il y a plus grave, il y a ceux qui ont perdu, ou plutôt n’ont jamais trouvé leur orthographe.

J’avoue que cela m’indispose au plus haut point. Au plus haut point n’est pas trop faible puisque je passe mon temps à corriger les commentaires truffés de fautes d’un certain nombre de mes lecteurs. N’y voyez pas là un snobisme ou une quelconque vanité mais j’aime notre belle langue française, si riche en nuances. Alors question de génération ou pas, je ne supporte pas le langage SMS que j’ai du mal à décrypter. Enfin quand je dis que j’ai du mal c’est surtout que je n’ai pas envie de faire l’effort de déchiffrer des messages dans le style  » sa fé 2 moi ke je fé la cure minci patch et je né rien perdu ».

Alors je prends le temps de corriger les fautes, de rétablir l’orthographe des mots, de mettre les points sur les i et de barrer les t sans compter les accents graves, aigus ou circonflexes. Pour parfaire le tout je mets des virgules, des points virgules, des points de suspension et même des trémas.

Les résultats du bac viennent de tomber et si ça se trouve les examinateurs ont été plus cléments que moi. Je n’en serais nullement étonnée puisque des titulaires de maîtrise sont dans l’incapacité de rédiger une lettre de motivation sans écorcher la langue française. Ils ne savent plus conjuguer les verbes et confondent le futur avec le conditionnel. Je ne parle pas du plus que parfait ou de l’imparfait du subjonctif.

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Une loi pour interdire la fessée

Pour ou contre la fessée

Les gouvernants ont de sacrées préoccupations quand ils ne s’occupent pas de la crise, du chômage ou du financement des retraites. Tous ces problèmes qui inquiètent les Français leurs laissent encore du temps pour légiférer sur le tendre popotin de nos chères têtes blondes.

A entendre les anti fessées, ces dernières que nous pensions anodines, ce « châtiment corporel » comme ils le nomment est traumatisant pour les enfants et avilissant pour les parents. Mon père doit se retourner dans sa tombe et bien d’autres de sa génération également. Ma pauvre et bien inoffensive maman était loin de penser que mes frères et moi serions marqués à vie par ces petites tapes qu’elle nous donnait en désespoir de cause quand nous faisions des bêtises.

C’est drôle car s’il y a eu traumatisme je n’ai vraiment qu’un vague souvenir de ces fessées que sûrement j’avais méritées. Je ne me sens pas traumatisée et je n’en tiens pas rigueur à mes parents. A aucun moment je n’ai eu le sentiment qu’ils avaient perdu alors de leur autorité et que mon affection pour eux en avait été altérée.

Bien sûr il ne faut pas encore une fois tout mélanger et classer la fessée au même rang que la maltraitance. Cette dernière sous toute ses formes me révulse. Mais peut-on sérieusement parler de mauvais traitement pour une simple petite tape sur les fesses d’un gamin ?

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La rumeur

La rumeur démarre tout doucement, arrive insidieusement d’on ne sait où. Elle gonfle, elle enfle et finit par éclater. Tout le monde en parle mais personne n’admet en être l’auteur.

Elle s’accroche indéfiniment à ses victimes qui la traînent comme une maladie honteuse et cherchent désespérément à l’ensevelir. Elle choisit n’importe quel terrain de jeux, vie intime ou professionnelle, les mêlant parfois, ne se pose aucune limite et se joue des conséquences quelquefois dévastatrices.

Le quidam se défend d’en tenir compte mais consent à y prêter une oreille complaisante. J’ai connu un employeur qui s’en servait pour faire passer ses messages. Il lui suffisait de dévoiler ses plans à une personne choisie officiellement pour la confiance qu’il lui accordait. Il insistait sur le fait qu’elle recevait cette confidence mais devait faire preuve de discrétion tout en sachant qu’elle s’empresserait de répercuter l’information, à peine sortie du bureau, à tous ses collègues. Bien sûr à chacun elle demandait de tenir sa langue !

Cela me rappelle la légende du roi Midas. Ce dernier était affligé d’une paire d’oreilles immenses et portait constamment un bonnet pour les dissimuler à la vue de ses sujets. Un jour n’y tenant plus de ne pouvoir confier sa disgrâce à des oreilles compatissantes, il creusa un trou dans le sol et y murmura son secret. C’était sans compter sur le vent qui propagea la nouvelle « le roi Midas a des oreilles d’âne, le roi Midas a des oreilles d’âne… »

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