Divorce, séparation
Une amie vient de m’apprendre que celui qu’elle croyait être l’homme de toute une vie les quitte elle et leur fils. Après tant d’années il abandonne femme et enfant pour une autre et joue les grands seigneurs en lui disant qu’elle peut tout garder, la maison, les meubles, la vaisselle.
Tout garder, soi dit en passant la moitié lui revient de droit, comme si cela suffisait à accepter l’inacceptable. C’est oublier le sentiment de trahison, l’amour bafoué, le chagrin qui ronge le coeur comme une infâme maladie, l’angoisse des jours à venir, l’avenir à reconstruire avec un enfant de douze ans qu’il faut protéger et rassurer. Aux larmes il oppose des reproches mesquins, ramenant sur le tapis la femme de ménage qu’il a payée, preuve s’il en était besoin de son machisme car dans son esprit cette tâche revenait logiquement à son épouse.
Et elle, se trouve conne de n’avoir pas deviné plus tôt que ses nombreux déplacements, ses retours tardifs à la maison cachaient une infidélité. Mais elle lui faisait une confiance absolue, aveuglée par l’amour. La candeur ne peut être assimilée à de la connerie en revanche lui doit en posséder une sacrée dose pour ne pas se rendre compte de la chance qu’il avait de posséder une femme pareille, entièrement dévouée à sa famille.
Sur le fait même de la séparation il ne m’appartient pas de porter un jugement, de savoir si les torts sont partagés ou non mais je réprouve totalement cette manière de vouloir à tout prix se donner bonne conscience en culpabilisant ceux que l’on abandonne. Je suis révoltée par le fait de se croire un père responsable parce qu’on annonce que l’on va participer aux frais d’éducation sur présentation des factures, et puis quoi encore. Rembourser la moitié des dépenses va t’il compenser l’absence d’un père ? Est-ce réellement tout ce qu’un père doit à son fils ?
Mon amie ravale ses larmes et son chagrin pour apaiser son enfant. Elle est digne dans l’épreuve et rassemble tout son courage pour prendre sa vie en mains. Elle n’ose envisager la précarité des lendemains car elle se trouve assez démunie, ayant versé toute sa paye sur le compte commun tandis que lui avait un compte personnel. Et dire que ce compte commun a servi à monsieur pour s’offrir à crédit la moto de ses rêves !

























