Enterrement ou incinération ?
C’est vrai que le titre de ce billet, tout comme le thème choisi, n’est pas des plus drôles. On approche bientôt de la Toussaint, où l’on fête les morts avec un jour d’avance, car en réalité cette fête devrait être célébrée le 2 novembre. Mais ce n’est pas cette proximité qui m’a inspiré ce billet mais les obsèques d’un membre de ma famille.
Selon la volonté de son défunt époux, ma tante qui aurait préféré être ensevelie, a demandé elle aussi à être incinérée. Cette cérémonie était la première crémation à laquelle j’assistais et c’est avec anxiété que je m’y suis rendue. Après un court hommage religieux la famille a rejoint le crématorium où nous étions attendus par un représentant des pompes funèbres. Quelques mots prononcés, un dernier salut et nous abandonnons le cercueil pour rejoindre le salon attenant.
L’officier des pompes funèbres nous demande si nous voulons assister, par caméra interposée, à l’entrée du cercueil dans le four crématoire. Personne ne se manifeste et l’on nous indique que nous pourrons revenir dans environ deux heures pour récupérer les cendres de la défunte. Nous partons en famille nous restaurer et jusqu’à présent mes craintes semblent infondées. Ces funérailles ont quelque chose d’irréel, de totalement abstrait.
Seulement quand nous revenons tous ensemble deux heures plus tard je vais ressentir un choc. L’homme qui nous précède pour rejoindre le jardin des souvenirs, ainsi qu’il appelle le lieu de dispersion, marche rigide en tenant à la main une petite urne. Il nous invite à nous mettre en arc de cercle, en précisant de faire attention au sens du vent, et commence à répandre lentement les cendres sous un arbre.
Et là je ressens ce geste comme un acte d’une violence extrême. J’ai sous les yeux la mort, l’anéantissement de toute vie. Une personne, une femme, une épouse, une mère, une grand mère et arrière grand mère est réduite à si peu. En me remémorant cette scène les larmes me viennent aux yeux. Il ne reste plus aucune trace de cette vie, c’est comme si elle n’avait jamais existé.




























