Voyager en TER

Chaque jour pour me rendre au travail je prends le TER qui me transporte, voire me bringuebale quand les wagons sont plus anciens, de Rennes à Vitré où j’exerce mon art.
Sur le service SNCF je n’ai pas grand chose à dire. D’une manière générale ça marche plutôt bien quand ce n’est pas la saison, trop souvent revenue à mon goût, des grèves.
En revanche je ronge mon frein pendant les 35 minutes du voyage car il est impossible de se concentrer sur un bouquin (j’adore la lecture) ou sur une grille de Sudoku (j’ai chopé le virus) car nombre de voyageurs confondent les trains avec leur salon. Jugeant sans doute que leurs conversations téléphoniques sont du plus grand intérêt pour les autres, ils parlent à haute voix avec force détails : ce qu’ils ont mangé, la cuite qu’ils ont pris le week-end, le string qu’ils ont achetés à leur copine, j’en passe et des meilleures.
Après les accros du portable, il faut compter également avec les zombies qui ont les écouteurs du MP 3 vissés sur les oreilles mais avec le son au maximum dont ils font largement profiter la compagnie. Et boum, et boum et boum, tout cela dans des gesticulations désordonnées, l’air hagard sous leur capuche.
Il y a ceux qui dorment, ce sont les moins gênants me direz-vous mais il faut préciser qu’ils sont avachis avec les croquenots en éventail sur le siège en face. Alors avant de vous asseoir faites gaffe où vous posez vos augustes fesses.

Voilà pour les plus jeunes ! Mais il y a pire encore , si si : les profs qui voyagent en groupe. Alors là je pète les plombs ! Ils sont censés donner l’exemple à leurs élèves qu’au passage ils « égratignent ». A les entendre ils dispensent leur science à une bande de crétins, aucun ne trouve grâce à leurs yeux. Tout le wagon profite de leurs conversations qui ne traitent que de leur métier. C’est fou comme cela les passionne, en particulier d’ailleurs leurs revendications et leurs congés.
Je vous en prie faites votre boulot tout comme nous faisons le notre mais n’en faites pas étalage. Non vous n’êtes pas les seuls à avoir un cerveau, non vous n’avez pas l’apanage de la culture, d’ailleurs en ce qui concerne cette dernière c’est comme la confiture moins on en a, plus on l’étale.
Heureusement avec vos nombreuses vacances cela nous ménage des plages de tranquillité où nous pouvons finir notre nuit, lire, rêvasser …. le tout en silence sans être troublé par qui que ce soit.
Je vais passer pour une réac que je ne suis pas dans l’âme, c’est juste le ras le bol qui s’exprime et tant pis si ça en fâche certains moi ça m’a fait du bien.
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Ce billet a été publié le 11 avril 2008
















