Le jeu de palets

Vous êtes au camping de la Dune où a été tourné le fameux film de Fabien Onteniente et vous voyez des vacanciers dans des positions étranges, bras tendu, fesses en arrière, lançant une pièce métallique sur une planche située à quelques mètres : vous êtes assurés de vous trouver en présence de Bretons d’Ille et Vilaine. Vous ne me croyez pas, alors allez vérifier les plaques minéralogiques de la voiture : département 35, qu’est-ce-que je vous disais ! En plein dans le mille.
Ce jeu traditionnel du pays Rennais est un jeu populaire. Rien à voir avec le bridge réservé aux classes supérieures. Le palet correspond à la pétanque pour les gens du sud.
De même ce jeu est plutôt masculin et pratiqué par des adultes. Il se joue en individuel ou par équipes et il devient source d’amusement dans les kermesses où pour corser l’affaire on savonne et mouille la planche.
Le jeu consiste à lancer sur une planche située à 5 mètres, un palet sur lequel figure une étoile, appelé le petit ou maitre. Il faut ensuite lancer les autres palets le plus près possible du petit. La partie se joue en 12 points.
Je vous épargne tous les détails de dimension de la planche, du matériau qui la compose et autres réjouissances. En revanche je trouve plus drôle de vous conter l’ambiance.
Tout d’abord quelques expressions : placer qui consiste à tenter d’approcher au plus près du petit, quiller lorsque l’on veut chasser le palet de l’adversaire, faire un chapeau lorsque le palet recouvre le petit (chapeau prime par rapport au palet qui touche le petit). Mais encore « jouer dans son jardin » quand le petit se situe dans un endroit apprécié sur la planche. En effet certains sont plutôt du bas (de la planche sous entendu) du haut ou des coins.
Quand on joue dans le milieu on dit que c’est un coup pour les gosses. Quand la planche est posée sur l’herbe, on dit qu’une pièce n’a pas éclaté ou fait de bruit pour signifier qu’elle est tombée à côté de la planche. Quand par mégarde le palet va se loger sous la planche on dit « jouer dans le tiroir ».
Le fait même de jouer est qualifié de « casser du bois ».
Les parties donnent lieu à des échanges verbaux bien arrosés comme il se doit : c’est un jeu qui donne soif. Alors c’est la bolée de cidre, la bière ou le p’tit coup de rouge. En tout cas je peux vous garantir que ce jeu demande une sacrée adresse !
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Ce billet a été publié le 22 août 2008
















